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Langues régionales. La voie est ouverte

Le télégramme 29 01 2014Le Télégramme 29/01/2014

Les députés se sont prononcés, hier, à une large majorité, pour le texte qui permettra de modifier la Constitution, indispensable pour ratifier la charte des langues régionales. La voie de la ratification est ouverte. Mais hier, ce n'était qu'uneétape, un « tour de chauffe ».

Celui qui a défendu le texte à l'Assemblée, le Finistérien Jean-Jacques Urvoas, était un peu inquiet, lundi soir. Il redoutait que les troupes ne soient pas au rendez-vous. Certains socialistes traînaient même des pieds. Pas en Bretagne cependant. Hier soir, bel et bien soulagé, il ne pouvait que se féliciter et saluer les députés. Il fallait « se compter » pour pouvoir avancer. C'est fait ! 361 pour, 149 contre : la barre des 3/5èmes des suffrages exprimés était bien dépassée. C'est donc par un vote massif, qui va bien au-delà de celui des socialistes, que les députés se sont prononcés en faveur de la proposition de loi permettant une modification de la Constitution pour ratifier la charte européenne dite « des langues régionales ou minoritaires ». Satisfaction dans les rangs de
ceux, de tous bords, qui se battent pour les langues régionales. Pas de triomphe cependant. Ils le martèlent tous : ce n'est qu'une étape.

L'une des 60 propositions de François Hollande

L'une des 60 propositions de François Hollande est ainsi sur les rails. Il aura fallu tout de même la crise en Bretagne et l'effet bonnets rouges pour que le texte refasse surface. La suite ? Maintenant que les députés se sont comptés, il faut que les sénateurs en fassent autant. La balle est dans le camp du Sénat, avant de revenir, comme le souligne le député morbihannais, Paul Molac, « dans celui du gouvernement qui s'est engagé, par la voix d'Aurélie Filippetti, à déposer son propre projet de loi si la barre des 3/5èmes était dépassée au Parlement, pour finalement le déposer au Congrès ». Ce dernier réunit les deux chambres à Versailles. C'est bien un signal qui a été envoyé, hier, au gouvernement. Pour réviser la Constitution, il n'y a pas 36 solutions : les textes déposés par des parlementaires doivent être approuvés par un référendum - qui n'est pas jugé souhaitable par le pouvoir actuel - alors que ceux déposés par les parlementaires peuvent être adoptés par le Congrès. C'est le parcours du combattant qui va continuer. Les députés en sont bien conscients.

« Un bien curieux procédé »

Hier, les socialistes ont voté pour. Tous les Bretons ont dit oui. Huit socialistes ont cependant voté contre. Le porte-parole de l'UDI, Thierry Benoit, a appelé ses troupes à voter pour. Le Front de gauche s'est divisé avec six voix pour et quatre voix contre. Les trois députés d'extrême droite ont voté contre. L'UMP, par la voix de Guy Geoffroy, a mené la fronde de l'opposition. Il s'est enflammé pour dénoncer « l'hypocrisie juridique ». « Vous avez utilisé un bien curieux procédé : un tour de chauffe en vue de l'éventuelle révision de la Constitution », a-t-il lancé au gouvernement. 131 députés UMP l'ont suivi et ont voté contre. 40 ont voté pour : tous les députés UMP bretons, mais aussi leurs homologues alsaciens ou corses, tous ceux qui défendent les langues régionales. La voie de la ratification est ouverte. Grâce, notamment aux 27 Bretons. « Je veux espérer, a souligné, hier soir, Jean-Jacques Urvoas, qu'aucun obstacle désormais n'en interrompra la marche. »


 

En complément 

« Tous les députés UMP concernés l'ont voté »

Le député UMP des Côtes d'Armor, Marc Le Fur, n'a pas suivi les consignes de son groupe. Il a voté le texte. « Qu'ils soient bretons, alsaciens, corses, tous les députés UMP concernés par les langues régionales l'ont voté », se félicite-t-il. « Nous n'avons pas voulu entrer dans le jeu politicien et les enjeux partisans », souligne le Costarmoricain avant d'ajouter : « Maintenant, il faut que les choses aillent vite, tout d'abord au Sénat, et qu'on passe vite à la réunion du Congrès à Versailles ». « Il faudra tout recommencer », déplore le député. « Les socialistes ont choisi la petite vitesse, le TER. Moi, je préconisais le TGV ! »

« Derc'hel da vont ! » (« Il faut continuer »)

« Avec 361 votes pour, la barre des 3/5èmes nécessaires à la révision de la Constitution est allègrement dépassée ! » se réjouit le Morbihannais. « C'est, ajoute Paul Molac, une première étape encourageante qui est franchie. » Le député apparenté UDB y voit un changement : « les députés UMP, comme Marc le Fur, qui se sont déja battus sur le sujet, ont voté le texte. « Je pense, dit-il, qu'ils n'avaient pas un revolver sur la tempe. Le sujet divisait les familles, et là, nous avons une très large majorité ! » se félicite-t-il. L'homme parle gallo et breton. Sa conclusion? « Derc'hel da vont ! ». On traduit : « Il faut continuer ! »

« Un enjeu républicain et pas un enjeu politicien »

Le député socialiste du Morbihan est « heureux du vote », même si, poursuit Gwendal Rouillard, « il va falloir continuer le travail. C'est une étape qui est franchie, mais ce n'est qu'une étape ». « Il faut maintenant, dit-il, que l'opposition républicaine prenne ses responsabilités, et nous comptons sur Marc Le Fur pour convaincre ses collègues. » Il faut faire, selon lui, de ce sujet, « un enjeu républicain et pas un enjeu politicien ». Le député estime que les consciences évoluent favorablement. « Il faut amplifier le mouvement. L'Assemblée était au rendez-vous. Au Sénat, maintenant, de jouer ! »

« Un vote historique à une écrasante majorité »

Une « écrasante majorité », cela ne pouvait que satisfaire Jean-Jacques Urvoas qui salue le « soutien massif » du groupe socialiste. Le Quimpérois, président de la commission des Lois, qui a porté et défendu le texte, se félicitait, hier soir, de ce « vote historique ». « Ce résultat est remarquable. » Selon lui, il doit beaucoup « au travail de persuasion que les partisans du texte ont dû conduire pour vaincre les peurs infondées liées à cette charte ainsi que les préjugés de certains collègues à l'égard des langues régionales ». « Grâce à ce vote historique, le processus de la charte, brutalement interrompu en 1999, peut enfin reprendre. »

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