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N’omp ket ar re nemeto o stourm! Tro hon eus bet da gejañ en hañv diwezhañ gant dileuridi pobloù Gwiana e Jeneva e Kuzul gwirioù Mab-den. Sinomp asambles ganto.

Nous ne sommes pas les seuls à nous battre pour nos droits !
Nous avons rencontré les délégués des peuples autochtones de Guyane au Comité des droits de l'homme à Genève l'été dernier.
Signons l'appel solidairement.

 

À Hénin-Beaumont, Brivois vire la LDH. À Louaneg, tout baigne - ou presque...

...Car à Louaneg aussi, l’ostracisme culturel a encore frappé.

Tribune libre - par Jean-Do Robin - 12 avril 2014

Des cours de langue bretonne pour adultes y étaient proposés par les enseignants de Ti ar Vro au foyer municipal. A peine élu, le nouveau maire a unilatéralement décidé de leur fermer ces salles et de les diriger vers les pupitres des élèves de Skol Diwan, dans la maison St-Yves où ces derniers avaient cru trouver enfin un cadre scolaire serein.

Le mobilier de ces classes est inadapté à des adultes ; la classe devra chaque fois être désinstallée et le matériel des élèves déplacé. 

Motif : la convention signée par Diwan Louaneg prévoit que l’espace St-Yves puisse être destiné à d’autres activités culturelles. L’argument invoqué est administrativement indiscutable...Sauf si on admet que le stade actuel de rénovation des lieux permet difficilement de combiner toutes ces activités ; sauf si on considère que cette décision d’un maire tout nouvellement installé prend une valeur hautement symbolique... et fort peu diplomatique dans une commune où les questions relatives à la langue bretonne souffrent déjà d’un lourd passif : remplacements des noms de lieux bretons chargés d’histoire par des appellations arbitraires (qui a vu des améthystes à Louaneg ?...), absence de bilinguisme dans la signalétique et la communication municipales, hébergement de Skol Diwan... 

Mais comme me l’a fort courtoisement résumé Gervais Egault « Je m’en fous ». Et de préciser, s’emparant au passage de prérogatives qu’on ne connaît habituellement pas au maire d’une commune : « De toute façon, il s’agit de cours de pratique orale ne nécessitant aucun mobilier ! » Les enseignants qui exercent à Louaneg - dont ceux de Ti ar Vro, qui sont accueillis par de nombreuses communes trégoroises dans des salles adaptées - sont donc priés de se conformer aux instructions profitables du nouveau directeur de la vie pédagogique louannecaine.

Quant aux salles du foyer, la mairie serait saisie « d’autres demandes ». C’est fort possible, mais on constate aussi que ce fut encore au nom « d’autres » besoins que furent naguère refusés d’autres locaux à Skol Diwan. Car à Louaneg il y a toujours « d’autres » besoins que ceux qui relèvent de la reconnaissance du breton comme un élément de la vie culturelle locale. Le maire actuel est d’ailleurs l’ancien adjoint aux affaires scolaires qui porte la responsabilité du plus gros conflit qui ait marqué Louaneg ces dernières années. Car c’est en imposant autoritairement et illégalement (sans avis de l’inspecteur d’Académie et contre le Conseil d’école) l’installation de Skol Diwan dans des locaux toujours affectée à l’école élémentaire publique, que M. Egault avait créé les conditions d’un affrontement qui a empoisonné la vie de la commune et de ses écoles, poussé les amis de Diwan dans leurs retranchements... et porté préjudice à l’image de la langue bretonne, pourtant parlée quotidiennement à Louaneg.

Mais après tout, si à Hénin-Beaumont la Ligue des Droits de l’Homme n’a plus sa place dans les locaux municipaux ; si à Béziers, les enfants qui ne veulent pas de porc dans leur rata n’ont plus qu’à quitter la cantine scolaire... n’est-il pas légitime qu’à Louaneg, toute expression de l’existence d’une culture bretonne vivante soit parquée entre 4 murs ? Ne serait-il pas temps d’ailleurs de remplacer la vieille devise de Louaneg « War-raok bepred » par « A Gervais ne plaît, à Egault point ne chaut » ?

Quant aux citoyens qui feraient la démarche de prendre rendez-vous avec leur nouveau maire, afin de comprendre les décisions prises en leur nom et d’éviter de s’en remettre à un seul son de cloche, qu’ils se préparent à être reçus, comme moi : entre deux portes. A se voir imposer un tutoiement méprisant (fussent-ils son aîné) et à se faire éconduire publiquement par un cinglant « de toute façon, tu n’es pas un vrai Louannecain ! ». Il est vrai que je ne suis ni résident du bourg ni parent ni voisin du maire.

J’habite (depuis 25 ans seulement) les lointaines campagnes du Grand Sud louannecain : ces deux tiers du territoire communal qui ne disposent d’aucun représentant parmi les 23 conseillers municipaux (contre 6 pour le quartier du Penn-Kêr). Si périphériques donc que nous serions devenus des étrangers et que notre grande moitié de commune ne présenterait sans doute d’autre intérêt que d’offrir à la seconde la superficie nécessaire à l’épandage des boues de sa station d’épuration.

De la part de quelqu’un qui, dans sa profession de foi annonçait tenir le mépris en horreur et rejeter toute forme d’extrémisme, nous voilà servis.

 

Jean-Do Robin, 

Métèque bretonnant du Sud louannecain

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